Elle est montée dans le RER A. Celui que je prends pour aller  à Nogent sur Marne, là ou je dors quand je viens à Paris. Elle est montée en même temps que moi et s'est assise en face. Elle avait le visage fatigué, marqué et la petite trentaine. Sans un regard, elle a sortie de son sac deux trousses élimées. Et de celles ci des tubes , des pots . Elle a tartiné ses mains de crème et s'est frottée le visage. Elle a continué avec des anti cernes plus ou moins clairs. Des fonds de teint de toutes nuances. Elle se regardait parfois dans un miroir cassé en deux. Elle a terminé par une poudre de soleil.Elle a levé les yeux , m' a souri. Puis elle a pris des petits boitiers et s'est maquillée les yeux....

 

Je me souviens encore que je ne l' ai pas quittée des yeux. Qu' il y avait quelque chose de gênant à la regarder. Comme si je l' observais à travers la fenêtre de sa salle de bains . Quelque chose qui faisait me sentir voyeuse. Il y avait aussi quelque chose d' animal et presque  indécent dans sa façon de toucher sa peau et d' appliquer ses produits.

 

Il y avait quelque chose de dérangeant pour celle que je suis, qui ne se maquille pas, à voir le plaisir qu' elle avait à s' occuper de son visage et le  bénéfice qu' elle en escomptait.

 

Je suis descendue avant elle. Elle avait un sourire sur ses lèvres. Elle m' a semblée toujours aussi fatiguée mais bien plus sure d' elle. Je lui ai souri moi aussi.

 

DSC01305C